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                        " La Saga du Tantra "

         " Sur le chemin du Tantra, avec Osho et ses disciples "

 

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Livre en cours d'écriture par Chetan, afin de témoigner de plus de 40 ans d'exploration du Tantra...

Extrait No 1 : " La découverte du Tantra "

Ainsi, en cette année de ma libération, les schémas anciens volèrent en éclat ; je vivais moment après moment dans une sorte de spirale ascendante qui m’entraînait de stage en stage, de découverte en découverte, de relation en relation. Je sentais en moi un feu s’embraser, j’acceptais mon désir et je prenais un immense plaisir à le partager. J’avais complètement arrêté ma pratique de Yoga, je ne voyais plus les mêmes personnes, m’étant fait de nouvelles relations au cours des stages que j’enchaînais intensivement et auxquels je consacrais tout ce qui n’était pas essentiel dans mon budget. Mais en même temps dans cette nouvelle vie quelque chose me manquait, de l’ordre du silence intérieur que j’avais connu lors des années précédentes, quelque chose de plus intériorisé, de plus contemplatif, de plus spirituel. Je me sentais, bien que différemment que par le passé, tout aussi incomplet. Je vivais une partie de moi qui avait été ignorée, cachée et réprimée pendant très longtemps, je la vivais pleinement et avec enthousiasme, mais je ne me sentais pas complet, et j’aspirai à une totale réunification….

Au cours d’un stage j’avais entendu parler de l’Espace du Possible, une sorte de communauté sur la Côte atlantique où des animateurs et des personnes ouvertes à toutes sortes d’expériences se retrouvaient à quelques centaines pendant l’été sur un grand terrain près de la mer, pour vivre des vacances différentes. J’étais à la fois très attiré car cela me paraissait la suite logique de tous ces stages, et en même temps hésitant ; c’était un grand voyage et je n’avais pas beaucoup d’argent, puisque je consacrais tout à ces groupes. J’avais aussi un peu peur de l’inconnu et d’un rassemblement aussi important.

C’est alors que survint une coïncidence tout à fait extraordinaire. Quelque temps après avoir commencé ma thérapie j’avais repris mon emploi de directeur de l'office municipal des oeuvres sociales, qui était devenu pour moi essentiellement un boulot alimentaire, mais que j’effectuais cependant de mon mieux. Je m’occupais entre autres des colonies de vacances, et je dus accompagner un car d’enfants de la commune jusqu'à la petite ville, Meschers, près de laquelle se trouvait justement l’Espace du Possible !

C’était au cours du mois de juillet 1979, et je décidai de profiter de cette opportunité incroyable pour essayer d’aller y faire un saut. Le voyage avait lieu de nuit, nous déposions les enfants au petit matin, vers six heures, et nous repartions aussitôt ; or le car passait exactement le long de la route où se trouvait l’Espace du Possible, signalé par un grand panneau… Au retour j'ai demandé au chauffeur de s’arrêter, en prétextant que j’allais visiter un nouveau site de vacances, et au pas de course j’allai voir ce lieu inconnu et si tentant pour moi. Alors que j’avançais, le spectacle qui s’offrait à moi était assez magique ; dans l'aube du petit matin il n’y avait personne, absolument personne de visible, et par contre tout l’environnement me paraissait charmant : un petit lac avec des barques, une caravane d’accueil peinte avec des fleurs de couleurs vives, des tentes disséminées çà et là, et un grand panneau d’affichage sur lequel de multiples activités étaient proposées, dont certaines que j’avais pratiquées cette année.

L’atmosphère générale paraissait à la fois paisible et accueillante, mais aussi excitante ; et comme je ne rencontrai personne, cela gardait l’attrait du mystère, de l’inconnu ; en même temps je me sentais très en sécurité dans cet espace désert. Je retournai en courant au car, décidé à revenir bientôt en ce lieu. Je m’y inscrivis pour les deux semaines de congés que j’avais au mois d’août, et ce furent quinze jours extraordinairement remplis, importants et même décisifs dans ma vie.

Le principe de l’Espace est que toutes les personnes qui viennent peuvent proposer gratuitement des animations, et que chacun peut choisir librement dans la multitude de ces activités, qui pour beaucoup sont des initiations à différents types d’expressions, ou des thérapies corporelles ou émotionnelles. Ce furent dix jours fantastiques parce que ce n’était plus un groupe de quinze ou vingt participants, c’étaient plusieurs centaines de personnes qui vivaient différemment, avec une très grande liberté et aussi un grand respect les unes pour les autres. C’est là que je vécus ma première expérience en Tantra.

J’ai entendu parler du Tantra dès que je suis arrivé à l'Espace, et je me suis décidé rapidement à participer aux ateliers pratiques qui étaient proposés. J’étais à la fois très attiré et un peu anxieux de ce que j’allais vivre. C’était un couple qui animait ces ateliers. L'animateur avait un nom bizarre, Diouripor, et une dégaine tout à fait extraordinaire, avec de très longs cheveux, un grand chapeau et une longue robe ocre. Il marchait très lentement, d’une façon méditative qui me paraissait exagérée ; j’étais assez réticent et sceptique à son égard. Quant à sa compagne, Parinita, elle paraissait très chaleureuse, enjouée et charmante. Ils animaient chaque jour un atelier de deux heures d’initiation au Tantra.

A la fois excité, interrogatif et quelque peu inquiet sur ce qui allait se passer, je me suis rendu à l’un de ces ateliers… et j’ai été émerveillé ! Il s’agissait d’avoir un contact avec différents partenaires de façon plus présente et subtile qu’à l’ordinaire, grâce à l’échange des regards. Je fixais rarement les gens longuement dans les yeux, et là nous regardions différentes personnes, les yeux dans les yeux, pendant plusieurs minutes ; cela me paraissait extraordinaire, comme une voie vers le cœur et l’âme de ces personnes. Nous émettions aussi des sons semblables à celui d’une abeille, que l'on faisait avec la bouche entrouverte, une sorte de « mmmmmmmmh » qui entraînait une concentration de vibrations dans cette grande tente où avait lieu l’atelier. Et au fur et à mesure que celui-ci progressait, je ressentais quelque chose dont j’avais entendu parler mais que je n’avais jamais expérimenté auparavant, comme un corps subtil en moi, un corps énergétique qui s’éveillait...

Je suis allé à plusieurs autres de ces groupes, axés chaque fois sur une approche différente. Une fois nous avons pratiqué longuement des respirations avec le soleil, ce qui a créé une atmosphère très méditative, encourageant plus à la rentrée en soi qu’à des contacts avec l’autre. Une autre fois, après avoir passé un moment à se centrer à l'intérieur de soi-même, nous nous sommes connectés à l’énergie du cœur avec plusieurs personnes en posant une main au centre de sa poitrine et en respirant profondément. C’était donc quelque chose qui n’était pas d'ordre sexuel, mais l'invitation à une qualité différente dans la rencontre de soi-même et de l’autre.

Diouripor nous lisait parfois, en nous les traduisant, des extraits d’un livre en anglais de ce maître, Rajneesh, « The Tantra Vision » (La vision tantrique), où il parlait de choses qui me paraissaient à la fois étranges, attirantes et très poétiques, d’abeilles qui pouvaient butiner le miel en toute liberté, et du fait que les abeilles n’allaient pas sur une seule fleur, mais qu’elles allaient de fleur en fleur se régaler de ce nectar, tout en respectant chacune d'entre elles et en la laissant parfaitement intacte… J’étais intrigué par tout cela. Dans le but d’en savoir plus et d’éclaircir ce qui était encore très mystérieux et étonnant pour moi, j’invitai Diouripor et Parinita à animer un stage que j’organisai pour eux près d’Aix-en-Provence à la mi-octobre de cette année 1979.

J’ai trouvé une belle maison à la campagne près d’Aix-en-Provence, et j’y ai réuni une dizaine de personnes, pour l’essentiel des pratiquants de Yoga et des participants aux stages de bioénergie. J’étais plein de confiance et d’enthousiasme, mais je remarquai que les personnes intéressées par cette expérience ressentaient ce même mélange d’attirance et d’appréhension que j’avais moi-même connu au départ.

C’est avec beaucoup d’excitation et une très forte attente que j’arrivai au stage, ainsi qu’avec un désir bien éveillé et sans doute pas mal de fantasmes qui venaient de ma sexualité longtemps réprimée, et qui commençait à peine à s’exprimer. Et bien sûr, le stage ne correspondit pas du tout à ces attentes ! Ce furent des relations très chastes qui eurent lieu au cours de tout le WE, mais je reçus finalement beaucoup plus que ce que à quoi je m'attendais…

Différents exercices s’enchaînaient, qui nous permettaient d’identifier notre aspect masculin et notre côté féminin, de respirer de façon subtile par chaque narine, de danser librement, ou d’être en méditation tous ensemble ou bien avec un partenaire. A un moment, pour la première fois, j’ai senti la connexion entre mon sexe, mon cœur - que je ne percevais pas comme limité à mon corps physique mais comme un espace qui s’ouvrait au centre de ma poitrine - et un point situé au niveau de mon front, dont j’appris plus tard qu’il s’appelait le troisième œil ; trois centres apparemment séparés les uns des autres mais reliés par un puissant courant énergétique. A travers cette convergence, je sentais une profonde unité à l’intérieur de moi, telle que je ne l'avais encore jamais expérimenté dans toute ma vie.

A la fin du stage, les animateurs m’offrirent un livre pour me remercier de l’avoir organisé ; il s’intitulait « Le Livre des Secrets », et c'était le premier ouvrage de Rajneesh à être édité en français. J’étais intrigué par le titre, par la couverture orange, par la photo de cet homme barbu au regard perçant, et lorsque je rentrai chez moi je commençai à le feuilleter, puis ensuite à le dévorer !

Quelque chose de très étrange se passa alors : plus je lisais, plus j’avais l’impression que ce qui était écrit là n’était pas extérieur à moi, mais plutôt comme si une voix s'élevait de l’intérieur, et que le livre ne faisait que la refléter. Tout ce qui était dit confirmait mon expérience la plus intime, parfois en donnant des éclairages que je n’avais pas encore eus mais que je sentais totalement justes au plus profond de moi. C’était presque hallucinant de me voir tellement bien reflété par une source qui semblait extérieure à moi. Et que de réponses étaient données à mes questions ! Comme si une voix longtemps étouffée s’affirmait enfin haut et clair. Cela me donnait une force et un courage incroyables.

En particulier, Bhagwan mettait en lumière la différence entre le Yoga et le Tantra; il expliquait comment le Yoga est une voie de contrôle qui pouvait nous encourager, nous autres occidentaux déjà tellement réprimés, à se brider encore plus et à se couper de notre source vitale; comment c’est une voie de combat, de dualité, et comment le Tantra est une voie de lâcher-prise, d’abandon à l’énergie même de la vie, à cette vitalité que je découvrais en moi depuis environ un an; un abandon qui ne consistait pas à faire n’importe quoi, mais à dire oui à cette source vitale tout en restant pleinement conscient, que ce soit à travers les rencontres aussi bien que tout ce qui pouvait se passer dans la vie quotidienne. C’était une telle liberté offerte, par rapport à toutes les voies contraignantes que j'avais connu ! J'étais enthousiasmé et je sentais un appel de plus en plus fort à aller dans ce sens-là.